• Café

    Café

    Chez la jolie Rosette au café du canal
    Sous le tronc du tilleul qui ombrageait le bal
    On pouvait lire sous deux coeurs entrelacés
    Ici on peut apporter ses baisers
    Moi mes baisers je les avais perdus
    Et je croyais déjà avoir tout embrassé
    Et je ne savais pas que tu étais venue
    Et que ta bouche neuve en était tapissée
    La chance jusqu'ici ne m'avait pas souri
    Sur mon berceau les fées n'se penchaient pas beaucoup
    Et chaque fois que j'tombais sur un carré d'orties
    Y'avait une guêpe pour me piquer dans l'cou
    Pourtant ma chance aujourd'hui elle est là
    Sous la tonnelle verte de tes cils courbés
    Quand tu m'as regardé pour la première fois!
    Ma vieille liberté s'est mise à tituber
    Nous étions seuls au monde en ce bal populeux
    Et d'une seule main je prisonnait ta taille
    Tes seins poussaient les plis de ton corsage bleu
    Ils ont bien failli gagner la bataille
    J'aime le ciel parc'qu'il est dans tes yeux
    J'aime l'oiseau parc'qu'il sait ton nom
    J'aime ton rire et tous ces mots curieux
    Que tu viens murmurer au col de mon veston!
    Et je revois tes mains croisées sur ta poitrine
    Tes habits jetés sur une chaise au pied du lit
    Ton pauvre coeur faisait des p'tits bons de sardines
    Quand j'ai posé ma tête contre lui!
    Dieu tu remercies Dieu ça c'est bien de toi
    Mais mon amour pour toi est autrement plus fort
    Est-ce que Dieu aurait pu dormir auprès de toi?
    Pendant toute une nuit sans toucher à ton corps
    Chez la jolie Rosette au café du canal
    Sous le tronc du tilleul qui ombrageait le bal
    On pouvait lire sous deux coeurs entrelacés
    Ici on peut apporter ses baisers

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